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LE CONDAMNÉ À MORT, DE JEAN GENET

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Grabación sonora del poema "Le condamné à mort" de Jean Genet (1952)
MP3 - 41.7 Mo

Obra radiofónica, encargada por el GRM (groupe de recherche musicale), realizada y compuesta por André Almuro, fundador del movimiento "sentationniste", colaborador de Breton, Cocteau, Casares, Clementi, etc...
Texto recitado por Mouloudji. mp3, 25 minutes.
Siento tener que confesar que se ha perpetrado alguna que otra traducción de este poema emocionante, y lo destrozaron, por lo que, si no saben francés, es mejor privarse que leerlo traducido al español, porque el francés de Jean Genet no se aprende en l'Alliance Française ni en la Sorbonne, sino en Belleville, en la Goutte d'Or, o en los antros de la Porte de Clichy... y el español para traducirlo no se aprende en los claustros de la universidad ni saqueando bibliotecas, ni recurriendo al lenguaje cuartelero, paupérrimo y soez,  que trasluce la ancestral miseria sexual hispánica. 

LE CONDAMNÉ À MORT
A la mémoire de Maurice Pilorge, assasin de vingt ans

Le vent qui roule un cœur sur le pavé des cours,
Un ange qui sanglotte accroché dans un arbre,
La colonne d'azur qu'entortille le marbre
Font ouvrir dans ma nuit des portes de secours.

Un pauvre oiseau qui tombe et le goût de la cendre,
Le souvenir d'un œil endormi sur le mur,
Et ce poing douloureux qui menace l'azur
Font au creux de ma main ton visage descendre.

Ce visage plus dur et plus léger qu'un masque,
Et plus lourd à ma main qu'aux doigts du réceleur
Le joyau qu'il convoite; il est noyé de pleurs.
Il est sombre et féroce, un bouquet vert le casque.

Ton visage est sévère: il est d'un pâtre grec.
Il reste frémissant aux creux de mes mains closes.
Ta bouche est d'une morte et tes yeux sont des roses,
Et ton nez d'un archange est peut-être le bec.

Le gel étincelant de ta pudeur méchante
Qui poudrait tes cheveux de clairs astres d'acier,
Qui couronnait ton front des pines du rosier
Quel haut-mal l'a fondu si ton visage chante?

Dis-moi quel malheur fou fait éclater ton œil
D'un désespoir si haut que la douleur farouche,
Affolée, en personne, orne ta ronde bouche
Malgré tes pleurs glacés, d'un sourire de deuil?

Ne chante pas ce soir les « Costauds de la Lune »!
Gamin d'or sois plutôt princesse d'une tour
Rêvant mélancolique à notre pauvre amour;
Ou sois le mousse blond qui veille à la grand'hune.

Et descend vers le soir pour chanter sur le pont
Parmi les matelots à genoux et nus tête
L'ave maris stella. Chaque marin tient prête
Sa verge qui bondit dans sa main de fripon.

Et c'est pour t'emmancher, beau mousse d'aventure
Qu'ils bandent sous leur froc les matelots musclés.
Mon Amour, mon Amour, voleras-tu les clés
Qui m'ouvriront ce ciel où tremble la mature

D'où tu sèmes, royal, les blancs enchantements
Qui neigent sur mon page, en ma prison muette:
L'épouvante, les morts dans les fleurs de violette....
La mort avec ses coqs; Ses fantômes d'amants...

Sur ses pieds de velours passe un garde qui rôde.
Repose en mes yeux creux le souvenir de toi.
Il se peut qu'on s'évade en passant par le toit.
On dit que la Guyane est une terre chaude.

O la douceur du bagne impossible et lointain!
O le ciel de la Belle, ô la mer et les palmes,
Les matins transparents, les soirs fous, les nuits calmes,
O les cheveux tondus et les Peaux-de-Satin!

Rêvons ensemble, Amour, à quelque dur amant
Grand comme l'Univers mais le corps taché d'ombres
Qui nous bouclera nus dans ces auberges sombres,
Entre ses cuisses d'or, sur son ventre fumant,

Un mac éblouissant taillé dans un archange
Bandant sur les bouquets d'œillets et de jasmins
Que porteront tremblants tes lumineuses mains
Sur son auguste flanc que ton baiser dérange.

Tristesse dans ma bouche! Amertume gonflant
Gonflant mon pauvre cœur! Mes amours parfumées
Adieu vont s'en aller! Adieu couilles aimées!
O sur ma voix coupée adieu chibre insolent!

Gamin ne chantez pas, posez votre air d'apache!
Soyez la jeune fille au pur cou radieux,
Ou si tu n'as de peur l'enfant mystérieux
Mort en moi bien avant que me tranche la hache.

Enfant d'honneur si beau couronné de lilas!
Penche-toi sur mon lit, laisse ma queue qui monte
Frapper ta joue dorée. Écoute il te raconte,
Ton amant l'assassin sa geste en mille éclats.

Il chante qu'il avait ton corps et ton visage,
Ton cœur que n'ouvriront jamais les éperons
D'un cavalier massif. Avoir tes genoux ronds!
Ton cou frais, ta main douce, ô môme avoir ton âge!

Voler voler ton ciel éclaboussé de sang
Et faire un seul chef d'œuvre avec les morts cueillies
Ça et là dans les prés, les haies, morts éblouies
De préparer sa mort, son ciel adolescent...

Les matins solennels, le rhum, la cigarette...
Les ombres du tabac, du bagne et des marins
Visitent ma cellule où me roule et m'étreint
Le spectre d'un tueur à la lourde braguette.

La chanson qui traverse un monde ténébreux
C'est le cri d'un marlou porté par la musique.
C'est le chant d'un pendu raidi comme une trique.
C'est l'appel enchanté d'un voleur amoureux.

Un dormeur de seize ans appelle de bouées
Que nul marin ne lance au dormeur affolé.
Un enfant reste droit contre le mur collé.
Un autre dort bouclé dans ses jambes noués.

*

J'ai tué pour les yeux bleus d'un bel indifférent
Qui jamais ne comprit mon amour contenue,
Dans sa gondole noire une amante inconnue,
Belle comme un navire et morte en m'adorant.

Toi quand tu seras prêt, en arme pour le crime,
Masqué de cruauté, casqué de cheveux blonds,
Sur la cadence folle et brève des violons
Égorge une rentière en amour pour ta frime.

Apparaîtra sur terre un chevalier de fer,
Impassible et cruel, visible malgré l'heure
Dans le geste imprécis d'une vieille qui pleure.
Ne tremble pas surtout, devant son regard clair.

Cette apparition vient du ciel redoutable
Des crimes de l'amour. Enfant des profondeurs
Il naîtra de son corps d'étonnantes splendeurs,
Du foutre parfumé de sa queue adorable.

Rocher de granit noir sur le tapis de laine
Une main sur sa hanche, écoute-le marcher.
Marche vers le soleil de son corps sans péché,
Et t'allonge tranquille au bord de sa fontaine.

Chaque fête du sang délègue un beau garçon
Pour soutenir l'enfant dans sa première épreuve.
Apaise ta frayeur et ton angoisse neuve,
Suce son membre dur comme on suce un glaçon.

Mordille tendrement le paf qui bat ta joue,
Baise sa tête enflée, enfonce dans ton cou
Le paquet de ma bite avalé d'un seul coup.
Etrangle-toi d'amour, dégorge, et fais ta moue!

Adore à deux genoux, comme un poteau sacré
Mon torse tatoué, adore jusqu'aux larmes
Mon sexe qui te romps, te frappe mieux qu'une arme,
Adore mon bâton qui va te pénétrer.

Il bondit sur tes yeux; il enfile ton âme
Penches un peu la tête et le vois se dresser.
L'apercevant si noble et si propre à baiser
Tu t'inclines très bas en lui disant: "Madame"!

Madame écoutez-moi! Madame on meurt ici!
Le manoir est hanté! La prison vole et tremble!
Au secours, nous bougeons! Emportez-nous ensemble,
Dans votre chambre au Ciel, Dame de la merci!

Appelez le soleil, qu'il vienne et me console.
Étranglez tous ces coqs! Endormez le bourreau!
Le jour sourit mauvais derrière mon carreau.
La prison pour mourir est une fade école.

*
Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu'une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s'émeuve
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

O viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d'Espagne
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d'ici battre notre campagne.

Le ciel peut s'éveiller, les étoiles fleurir,
Et les fleurs soupirer, et des prés l'herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner: moi seul je vais mourir.

O viens mon ciel de rose, O ma corbeille blonde!
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n'avions pas fini de nous parler d'amour.
Nous n'avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
Un assassin si beau qu'il fait pâlir le jour.

Amour viens sur ma bouche! Amour ouvre les portes!
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l'escalier, plus souple qu'un berger,
Plus soutenu par l'air qu'un vol de feuilles mortes.

O traverse les murs; s'il le faut marche au bord
Des toits, des océans; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate une heure avant ma mort.

*

Les assassins du mur s'enveloppent d'aurore
Dans ma cellule ouverte au chant des hauts sapins,
Qui la berce, accrochée à des cordages fins
Noués par des marins que le clair matin dore.

Qui grava dans le plâtre une Rose des Vents?
Qui songe à ma maison, du fond de sa Hongrie?
Quel enfant s'est roulé sur ma paille pourrie
A l'instant du réveil d'amis se souvenant?

Divague ma Folie, enfante pour ma joie
Un consolant enfer peuplé de beaux soldats,
Nus jusqu'à la ceinture, et des frocs résédas
Tire d'étranges fleurs dont l'odeur me foudroie.

Arrache on ne sait d'où les gestes les plus fous.
Dérobe des enfants, invente des tortures,
Mutile la beauté, travaille les figures,
Et donne la Guyane aux gars, pour rendez-vous.

O mon vieux Maroni, ô Cayenne la douce!
Je vois les corps penchés de quinze à vingt fagots
Autour du mino blond qui fume les mégots
Crachés par les gardiens dans les fleurs et la mousse.

Un clop mouillé suffit à nous désoler tous.
Dressé seul au dessus des rigides fougères
Le plus jeune est posé sur ses hanches légères
Immobile, attendant d'être sacré l'époux.

Et les vieux assassins se pressant pour le rite
Accroupis dan le soir tirent d'un bâton sec
Un peu de feu que vole, actif, le petit mec
Plus émouvant et pur qu'une émouvante bite.

Le bandit le plus dur, dans ses muscles polis
Se courbe de respect devant ce gamin frêle.
Monte la lune au ciel. S'apaise une querelle.
Bougent du drapeau noir les mystérieux plis.

T’enveloppent si fin, tes gestes de dentelle!
Une épaule appuyée au palmier rougissant
Tu fumes. La fumée en ta gorge descend
Tandis que les bagnards, en danse solennelle,

Graves, silencieux, à tour de rôle, enfant,
Vont prendre sur ta bouche une goutte embaumée,
Une goutte, pas deux, de la ronde fumée
Que leur coule ta langue. O frangin triomphant,

Divinité terrible, invisible et méchante,
Tu restes impassible, aigu, de clair métal,
Attentif à toi seul, distributeur fatal
Enlevé sur le fil de ton hamac qui chante.

Ton âme délicate est par de là les monts
Accompagnant encor la fuite ensorcelée
D'un évadé du bagne, au fond d'une vallée
Mort, sans penser à toi, d'une balle aux poumons.

Élève-toi dans l'air de la lune ô ma gosse.
Viens couler dans ma bouche un peu du sperme lourd
Qui roule de ta gorge à tes dents, mon Amour,
Pour féconder enfin nos adorables noces.

Colle ton corps ravi contre le mien qui meurt
D'enculer la plus tendre et douce des fripouilles.
En soupesant charmé tes rondes, blondes couilles,
Mon vit de marbre noir t'enfile jusqu'au cœur.

Oh vise-le dressé dans son couchant qui brûle
Et va me consumer! J'en ai pour peu de temps,
Si vous l'osez, venez, sortez de vos étangs,
Vos marais, votre boue où vous faites des bulles

Ames de mes tués! Tuez-moi! Brûlez-moi!
Michel-Ange exténué, j'ai taillé dans la vie
Mais la beauté, Seigneur, toujours je l’ai servie,
Mon ventre, mes genoux, mes mains roses d'émoi.

Les coqs du poulailler, l'alouette gauloise,
Les boîtes du laitier, une cloche dans l'air,
Un pas sur le gravier, mon carreau blanc et clair,
C'est le luisant joyeux sur la prison d'ardoise.

Messieurs je n'ai pas peur! Si ma tête roulait
Dans le son du panier avec ta tête blanche,
La mienne par bonheur sur ta gracile hanche
Ou pour plus de beauté, sur ton cou mon poulet....

Attention! Roi tragique à la bouche entr'ouverte
J'accède à tes jardins de sable, désolés,
Où tu bandes, figé, seul, et deux doigts levés,
D'un voile de lin bleu ta tête recouverte.

Par mon délire idiot je vois ton double pur!
Amour! Chanson! Ma reine! Est-ce ton spectre mâle
Entrevu lors des jeux dans ta prunelle pâle
Qui m'examine ainsi sur le plâtre du mur?

Ne sois pas rigoureux, laisse chanter matine
A ton cœur bohémien; m'accorde un seul baiser...
Mon Dieu je vais claquer sans te pouvoir presser
Dans ma vie une fois sur mon cœur et ma pine!

*

 

Pardonnez-moi mon Dieu parce que j'ai péché!
Les larmes de ma voix, ma fièvre, ma souffrance,
Le mal de m'envoler du beau pays de France,
N'est-ce pas assez monseigneur pour aller me coucher
Trébuchant d'espérance.

Dans vos bras embaumés, dans vos châteaux de neige!
Seigneur des lieux obcurs, je sais encore prier.
C'est moi mon père, un jour, qui me suis écrié:
Gloire au plus haut du ciel, au dieu qui me protège
Hermès au tendre piéd!

Je demande à la mort la paix, les longs sommeils,
Les chants des Séraphins, leurs parfums, leurs guirlandes,
Les angelots de laine en chaudes houppelandes,
Et j'espère des nuits sans lunes ni soleils
Sur d'immobiles landes.

Ce n'est pas ce matin que l'on me guillotine.
Je peux dormir tranquille. A l'étage au dessus
Mon mignon paresseux, ma perle, mon jésus,
S'éveille. Il va cogner de sa dure bottine
A mon crane tondu.
*
Il paraît qu'à côté vit un épileptique.
La prison dort debout au noir d'un chant des morts.
Si des marins sur l'eau voient s'avancer les ports
Mes dormeurs vont s'enfuir vers une autre Amérique.

***

J'ai dédié ce poème à la mémoire de mon ami Maurice Pilorge dont le corps et le visage radieux hantent mes nuits sans sommeil. En esprit je revis avec lui les quarante derniers jours qu'il passa, les chaînes aux pieds et parfois aux poignets, dans la cellule des condamnés à mort de la prison de Saint-Brieux. Les journaux manquent d'à propos. Ils commirent d'imbéciles articles ponr illustrer sa mort qui coïncidait avec l'entrée en fonction du bourreau Desfourneaux. Commentant l'attitude de Maurice devant la Mort le journal l'Œuvre dit "que cet enfant eut été digne d'un autre destin". Bref on le ravala. Pour moi, qui l'ai connu et qui l'ai aimé, je veux ici, le plus doucement possible, tendrement, affirmer qu'il fut digne, par la double et unique splendeur de son âme et de son corps, d'avoir le bénifice d'une telle mort. Chaque matin, quand j'allais, grâce à la complicité d'un gardien ensorcelé, par sa beauté, sa jeunesse et son agonie d'Appollon, de ma cellule à la sienne pour lui porter quelques cigarettes, levé tôt il fredonnait et me saluait ainsi, en souriant: "Salut Jeannot du matin!" Originaire du Puy de Dôme il avait un peu l'accent d'Auvergne. Les jurés, offensés par tant de grâce, stupides mais pourtant prestigieux dans leur rôle de Parques le condamnèrent à 20 ans de travaux forcés pour cambriolage de villas sur la côte, et le lendemain, parce qu'il avait tué son amant Escudero pour lui voler moins de mille francs, cette même Cour d'assises condamnait mon ami Maurice Pilorge à avoir la tête tranchée. Il fut exécuté le 17 mars 1939 à Saint-Brieux.

En imagen de portada: Jean Genet, dibujado por Jean Cocteau

Grabación: http://www.larevuedesressources.org

30/12/2006 03:26. Editado por Gatopardo enlace permanente. POEMAS

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gravatar.comAutor: emilio

Muy bueno. El poema y el vínculo. Cuesta seguirlo en francés, pero volveremos sobre ello, con ayuda de un diccionario. Merçi.

Fecha: 31/12/2006 00:49.


gravatar.comAutor: Gatopardo

La polisemia de algunas palabras pueden inducir a equívoco, aunque difícilmente se pueda llegar al cúmulo de despropósitos del traductor que humildemente se atrevió a romper significados y significantes, ritmo y contenido, por pura ignorancia, en una de las muy penosas traducciones que he consultado:
" Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu'une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s'émeuve
Laisse tes dents poser leur sourire de loup."
Cou, dos veces repetido: es cuello, que en español se aplica a la zona que hay entre la cabeza y el torso,(que este traductor traduce por pescuezo en un alarde de sordera, y también al cuello de una prenda de ropa, que en francés es "col", no collar. "Effleurer" es rozar, no acariciar; "Poser" es "poner", no depositar, y de resultas el malhechor ha traducido esto:
"Sobre mi pescuezo sin armadura y sin odio, mi pescuezo
Que mi mano más ligera y grave que una viuda
Acaricia bajo mi collar, sin que tu corazón se conmueva,
Deja a tus dientes depositar su sonrisa de lobo."

Y todo lo demás, por el estilo.
Saludos cordiales

Fecha: 31/12/2006 15:33.


gravatar.comAutor: Alfredito

Gracias por los textos que nos iluminas, gracias por la búsqueda que nos allanas, gracias por la mirada límpida...A mi gata la operan el míércoles de un sarcoma. Y me gusta ver ese gato paseante por tu página, me llena de esperanza. Estoy cocinando unas lentejas con foie y setas que acabo de inventar y les he puesto tu nombre, lentejas gatopardo, como un homenaje, mi pequeño, ínfimo homenaje....cuando quieras te paso la receta. Y te deseo el mejor de los años. Un abrazo.

Fecha: 01/01/2007 20:04.


gravatar.comAutor: J.C.

Como no tengo tu mail, me permito colgar este escrito aquí aunque no tenga que ver con tu texto, una vez leído, lo puedes borrar si te apetece.

¡ADEU! AL SALÓ DE LECTURA

Hace un tiempo comentaba con un amigo los poquísimos programas sobre libros que hay en la televisión. En aquel momento yo le hablé de un sencillo pero magnífico programa que hacían en la televisión municipal de Barcelona, BTV, dirigido y presentado por el periodista mallorquín Emilio Manzano. El programa, con un Ondas y el Nacional de Periodismo entre otros muchos premios, tenía la virtud de contagiar la emoción que sus colaboradores/lectores expresaban al presentar sus libros que, por lo general, no eran de los que aparecen en las listas de los más vendidos. Después Manzano, llamado por el entonces presidente de la Generalitat Pasqual Maragall, se fue a ocupar un cargo en el Instituto Ramón Llull y Marina Espasa, asistente de dirección, tomó las riendas del mismo algo titubeante y sin el empaque de Manzano pero con el mismo espíritu y contenidos de siempre. En las luchas de despachos de las últimas elecciones autonómicas Manzano fue sustituido por Joseph Bargalló en la dirección del Ramón Llull, ojo a este dato, quizás aquí este la madre del cordero.

Pues nada, el otro día me sorprendí cuando viendo el programa me di cuenta de que se estaban despidiendo, pero no por las vacaciones navideñas, se despedían para siempre. Dieron un repaso a los 5 años de emisión donde pudimos ver a Martin Amis, Gunter Grass, Susan Sontang, Jhon Irving, Adam Zagajewski y un montón de autores, algunos grabados en sus países, fue impagable ver a Patti Smith recitando un poema de juventud desde una terraza neoyorquina, por ejemplo. También pasaron a lo largo de los años por su salón los Panero, los Goytisolo, la Matute y Pitol, Pombo, Vila-Matas, Volpi y una larga lista de escritores de toda condición y pelaje pero, lo atractivo de la fórmula, es que la segunda parte del programa estaba dedicada enteramente a los lectores, cualificados eso sí, que nos comentaban sus lecturas desde diferentes puntos de vista, desde una arquitecta, un traductor, un crítico de TV o un filólogo entusiasta de la cultura popular por poner sólo unos ejemplos ya que eran muchos los colaboradores.

Llegó el final del programa de despedida y Marina Espasa, que nunca se hizo con las formas de una presentadora al uso (ni falta que le hacía) por carencia de tablas y de lecturas, supongo, se creció como nunca y nos soltó un discurso valiente y lúcido contra sus antiguos jefes del Ayuntamiento de Barcelona, pero antes Manzano le dijo una enigmática frase: “A ti te ha tocado pagar algún pecado mío”. Marina recordó el “slogan” municipal que en forma de anuncio repiten las televisiones catalanas: “Barcelona: La mejor tienda del Mundo”

Claro, dijo Marina, si somos una tienda para que queremos derecho a la vivienda si en las tiendas no se vive, para que queremos cultura si lo que nos interesa es vender, para que queremos una televisión al servicio de los ciudadanos si las tiendas están al servicio de los tenderos… En fin, que recordó el déficit cultural de este consistorio que apuesta por un modelo de ciudad / tienda / parque temático / destino de vacaciones y negocios /marca comercial /. Que promueve ordenanzas municipales contra el incivismo que, en algunos casos, son de dudosa legalidad democrática, que cierra una escuela de circo autogestionada como La Makabra o salas centenarias como La Paloma. Marina nos recordó que estábamos en una televisión que pagamos todos y terminó con este llamamiento:

“…si los responsables de la tienda (el ayuntamiento) cierran los ojos, lo que tenemos que hacer los ciudadanos es abrirlos, organizarnos y luchar”

Claro que el invento de BTV como una televisión urbana que miraba y daba voz a los ciudadanos es una cosa que uno, ya viejo en estas historias, no se creía pero, mientras los burócratas duermen, siempre hay espacios para la creatividad y la revuelta.

Pero los tenderos despertaron y los teléfonos móviles comenzaron a sonar en los coches oficiales y llegó la censura, sí amigos, el último programa del “Saló” que, como era costumbre se emitía en redifusión todos los sábados, por “cuestiones de programación” como dijeron los directivos de BTV, se ha caído de la parrilla y miles de seguidores del programa se han quedado sin verlo. No, no les gustó el discurso de Marina, discurso que hoy se puede conseguir en la red por obra y gracia de los lectores que seguían el programa, en esta dirección:

http://www.youtube.com/watch?v=Uo2qn-KsIxY

Pienso al hilo de todo esto: Si estamos regidos por tenderos (botiguer les decimos aquí)… ¿Por qué no se eligen en la Cámara de Comercio, en los Bancos, en las Juntas de Administración de las Empresas Constructoras, etc.?, después de este ingenuo pensamiento seguro que mi amigo Kevin Vázquez me diría: “Pero gilipollas, sí eso mismo es lo que pasa, se eligen y dirigen desde esos sitios”

En fin, el Saló de Lectura fue un novedoso referente en la forma de entender un programa de libros en la televisión, alejado de esas capillas para amigos donde se devuelven favores políticos y que tanto abundan en las televisiones públicas. La literatura ha perdido un espacio, uno más en esta vorágine mercantilista de la cultura pero, mientras nos acompañen las fuerzas, estaremos aquí para combatirlo y denunciarlo. ¡Adeu! Saló de Lectura.
JAVIER CORIA

P.D.: Si queréis mandar mail de protesta por la supresión del programa, lo podéis hacer a este mail:

barcelonatv@barcelonatv.com

Si queréis mostrar vuestra solidaridad con el equipo, aquí:

salodelectura@barcelonatv.com

Y como decíamos en los viejos tiempos: “Lee y difunde o reenvía”


CARTA AL DIRECTOR PUBLICADA EN “EL PERIÓDICO DE CATALUNYA” EL 31 DE DICEIMBRE:

EL “SALÓ DE LECTURA” QUE NUNCA SE REEMITIÓ
Emili Manzano
Barcelona

La dirección del canal municipal BTV decidió hace unas semanas poner fin a la existencia de Saló de Lectura, el programa literario que yo fundé en octubre del 2001 y que dirigí y presenté hasta abril del 2006, al desvincularme de él para poder aceptar el encargo del Prsident Maragall de liderar otro proyecto institucional consagrado a la difusión cultural.

El programa quedó en manos de mi equipo, bajo la dirección de Marina Espasa, garantizando así la continuidad de los criterios de calidad, rigor e independencia. Les ahorraré mis consideraciones sobre el cierre del programa y los motivos expuestos por parte de la dirección de la cadena para justificarlo: El presunto desgaste de la fórmula. Cuando dicha fórmula no era otra que la lectura atenta de los textos y la conversación civilizada entre autores y lectores. Pero la dirección de BTV ha decidido censurar la habitual redifusión de los sábados por la mañana del último Saló de Lectura, emitido en directo el 27 de diciembre, y en el que, con la corrección y seriedad que la caracterizan, su directora se despidió haciendo unas legítimas observaciones sobre el modelo de ciudad hacia el que nuestras autoridades municipales parecen querer llevar Barcelona y sobre el papel que debería tener una televisión pública como BTV, financiada con los impuestos de los ciudadanos.

La expresión de estos pensamientos es la causa de que el programa no llegara el pasado sábado a una gran parte de nuestros espectadores, que hace años lo ven en formato de redifusión. Aunque gracias a la iniciativa espontánea de unos espectadores está a su disposición, vía Internet, este programa de despedida en su integridad.

Fecha: 01/01/2007 22:36.


gravatar.comAutor: El Pendón Volteriano a JC

Si me veo en un apuro, no me defienda ni me eche una mano, que me hunde

Fecha: 02/01/2007 00:12.


gravatar.comAutor: J.C.

Gracias Volteriano por sus elogios, tan raros en usted, y por creer en mí capacidad de hundir a alguien con mis humildes escritos. Nada, aquí, aprendiendo de los maestros como usted que tan dura, solitaria y difícil labor hacen. Debe hacer frío ahí arriaba, por cierto.

Fecha: 02/01/2007 09:54.


gravatar.comAutor: Gatopardo

JC Le ruego que ponga en comentarios lo que estricta y cabalmente opine y pueda aportar algo sobre el artículo que nos molestamos en pergeñar.
Mi religión me prohíbe secundar recogidas de firmas para salvar y apoyar programas de televisión, de la misma manera que me prohíbe dar alojamiento a uno de esos malditos aparatos para ver programa alguno en los descansos entre cuñas publicitarias.
Con esto espero que quede claro que considero SPAM, comentario no deseado ni pedido los alegatos y las peticiones de firmas que no haya autorizado expresamente.
Gracias por no reincidir ni abundar en lo mismo.

Fecha: 06/01/2007 13:56.


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Gatopardo

Es norma de Gatopardo,
si alguien se pone a tiro,
sea plebe, sea duunviro,
que no se escape sin dardo.
Si la víctima en cuestión
es melifluo y sin humor,
y persiste en el error,
va derecho al paredón.
Si es honesto ciudadano,
observador de la ley
y santurrón como buey,
le colgamos un campano.
Si mujer y sufridora,
y nos cuenta su diario,
que alegre su antifonario
y se haga acosadora.
Si tiene cierto interés
por mostrar carné y nombre,
que luego no se asombre
si recibe algún revés.
Bienvenidos los goliardos,
golfos, rebeldes y bordes,
mentes inmisericordes,
por apellido: Bastardos
Y que no nos den la lata
ni meapilas ni legales:
somos los Irregulares,
somos gente de Zapata.

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