LA BALLADE DES GENS QUI SONT NÉS QUELQUE PART

 

 

C'est vrai qu'ils sont plaisants, tous ces petits villages,
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités ,
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages,
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est d'être habités ,
Et c'est d'être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts ,
La race des chauvins, des porteurs de cocardes,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbécil's heureux qui sont nés quelque part. (bis)

Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour tout's sur leur clocher ,
Qui vous montrent leurs tours, leurs musé's leur mairie,
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher.
Qu'ils sortent de Paris, ou de Rome, ou de Sète,
Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar
Ou même de Montcuq, il s'en flattent, mazette,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part. (bis)

Le sable dans lequel, douillettes, leurs autruches
Enfouissent la tête, on trouve pas plus fin ,
Quand à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches
Leurs bulles de savon, c'est du souffle divin .
Et, petit à petit, les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Leurs chevaux, même en bois, rend jaloux tout le monde ,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part . (bis)

C'est pas un lieu commun celui de leur naissance,
Ils plaignent de tout cœur les pauvres malchanceux,
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence ,
La présence d'esprit de voir le jour chez eux .
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire,
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares ,
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre ,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part . (bis)

Mon dieu, qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si on y rencontrait cette race incongrue',
Cette race importune et qui partout foisonne :
La race des gens du terroir, des gens du cru .
Que la vi' serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant ces jobards,
Preuve, peut-être bien, de votre inexistence :
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part. (bis)

 

Georges Brassens

11/10/2007 17:13. Editado por Gatopardo enlace permanente. RECOMENDAMOS

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gravatar.comAutor: Joss

Odio a muerte (eso sí de buen rollo) a las patrias y a los patriotas, banderas que solo sirven para limpiar la sangre de los pobres borregos muertos en nombre de ellas y en beneficio de aquellos que nunca pegarán un tiro en el campo de batalla.

Fecha: 14/11/2007 15:56.


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Gatopardo

Es norma de Gatopardo,
si alguien se pone a tiro,
sea plebe, sea duunviro,
que no se escape sin dardo.
Si la víctima en cuestión
es melifluo y sin humor,
y persiste en el error,
va derecho al paredón.
Si es honesto ciudadano,
observador de la ley
y santurrón como buey,
le colgamos un campano.
Si mujer y sufridora,
y nos cuenta su diario,
que alegre su antifonario
y se haga acosadora.
Si tiene cierto interés
por mostrar carné y nombre,
que luego no se asombre
si recibe algún revés.
Bienvenidos los goliardos,
golfos, rebeldes y bordes,
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Y que no nos den la lata
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